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Edito, par Serge Defaye
• Le bois énergie, un élément de réponse aux défis que doit relever la forêt méditerranéenne
• Bocage de l’Ouest océanique : le combustible bois reconquiert sa place
Édito
L'énergie du bocage et de la garrigue
Bocages océaniques et forêts méditerranéennes sont perçus comme des espaces en déshérence, victimes de l’élevage intensif et du remembrement pour les premiers, de l’urbanisation sauvage et des incendies pour les seconds. Ces écosystèmes arborés produisent néanmoins de la biomasse ligneuse, en particulier du bois de chauffage, aujourd’hui encore largement utilisé par les familles rurales.
Ces espaces fragiles doivent être entretenus et exploités raisonnablement (de façon durable dit-on aujourd’hui), sauf à laisser la nature accomplir son oeuvre destructrice à l’occasion d’une tempête, d’un incendie ou par mortalité naturelle. L’exode rural et la quasi disparition de la main d’oeuvre non familiale d’un côté, le prix dérisoirement bas des énergies fossiles (à l’exception de la courte période des chocs pétroliers) de l’autre, ont entraîné le déclin des activités de bûcheronnage, d’une médiocre rentabilité (hors autoconsommation). Bocages et espaces boisés méditerranéens ont été progressivement délaissés et dans certains cas pratiquement abandonnés.
Pourquoi aller chercher des combustibles solides quand les robinets du pétrole et les vannes du gaz sont ouverts sans discontinuer et les hydrocarbures liquides ou gazeux livrés à la maison à prix cassés ? Seule une minorité courageuse ou particulièrement lucide (ou qui n’avait pas le choix) s’est accrochée au maintien de ces écosystèmes agro-sylvo-pastoraux, moyennement productifs et à régénération lente (surtout en forêt méditerranéenne).
La crise conjuguée de l’énergie (hausse du prix du pétrole et risque de pénurie) et de l’environnement (changement climatique et pollutions) change singulièrement la donne. Le bois énergie connaît un nouvel attrait, y compris dans des zones considérées comme marginales, impropres à la sylviculture de production. D’autant que les professionnels peuvent s’appuyer sur des technologies mécanisées et que ces nouvelles activités présentent une certaine viabilité, moyennant des aides publiques aux investissements.
Comme en témoigne ce dossier, des pionniers défrichent le terrain. On en est certes encore aux balbutiements : dans l’ouest océanique ou en zone méditerranéenne, seules quelques dizaines de milliers de tonnes de plaquettes pour le chauffage individuel et collectif sont mobilisées, alors que l’enjeu se compte en centaines de milliers de tonnes disponibles. Leur message est clair : l’avenir n’appartient plus (sans partage) au fossile ou au fissile, mais aussi aux hommes qui plantent et régénèrent des arbres pour de bons usages, énergétiques ou non.
Serge DEFAYE
DEBAT, conseiller technique de Biomasse Normandie